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1/ Quels résultats peut-on escompter après la mise
en place d’une prothèse de hanche indiquée en général pour une coxarthrose
(usure cartilagineuse de la hanche) ?
Lorsque
la douleur, la boiterie, constituent un handicap qui devient rebelle et
invalidant, la mise en place d’une prothèse de hanche permet de corriger
pratiquement tous ces symptômes et, le plus souvent, de donner un résultat
spectaculaire : C’est la hanche dont on a oublié qu’elle fonctionne grâce
à une prothèse, ce résultat est obtenu en règle trois mois après l’opération
dans 60 % des cas.
2/ Chez qui peut-on mettre une prothèse totale de la
hanche ? Y a-t-il des indications en fonction de l’âge ?
La
mise en place d’une prothèse totale de la hanche est classiquement envisagée à
partir de l’âge de 60 ans, la durée de vie de cet implant dépasse aujourd’hui
souvent les 25 ans. En
dessous de l’âge de 60 ans, il faut prendre en compte l’importance du handicap.
Chez les jeunes sujets, l’arthrose est souvent secondaire à un traumatisme, à
une ostéochondrite, à une anomalie congénitale. L’amélioration des techniques
de reprise chirurgicale fait moins hésiter à proposer la mise en place d’une
prothèse de hanche chez les sujets plus jeunes, en effet si la durée de vie
escomptée de la prothèse est de l’ordre de 25 ans, les possibilités de
changement de prothèse lorsque celle-ci est usée ont modifié le problème, de la
sorte, il n’est plus d’usage de faire attendre un sujet jeune, très handicapé,
jusqu’à l’âge de 60 ans pour envisager cette intervention. De
la même manière, les interventions palliatives, type ostéotomie, ont beaucoup
perdu de leur actualité, elles n’apportent qu’un soulagement partiel, souvent
long à obtenir. De plus après une telle opération, quand la prothèse est
finalement nécessaire, elle s’avère beaucoup plus délicate à mettre en place.
Elles ne sont plus envisagées que chez les sujets très jeunes lorsque la
déformation de la hanche est importante.
3/ Quelle durée de vie peut-on attendre d’une prothèse de
hanche ?
Le
chiffre de 25 ans est souvent proposé. Il existe des études qui ont montré que
sur 10 ans, aujourd’hui, les risques de descellement et donc de reprise de
prothèse de la hanche sont de l’ordre de 5 % pour des prothèses qui avaient été
posées il y a 10 ans. Alors que ces chiffres étaient de 9 % les 10 années
antérieures, cela est dû aux constants progrès technologiques. On
peut augurer pour les prothèses mises aujourd’hui un taux de reprise nettement
inférieur à 5 % au terme de ce délai de 10 ans. Les
progrès qui expliquent cette augmentation de la durée de vie de la prothèse de
hanche concernent les différentes composantes de cette prothèse :Tout d’abord, la question de la fixation de la prothèse sur l’os. Souvent le
ciment acrylique est utilisé pour fixer la tige et c’est une technique,
aujourd’hui, toujours très employée car elle apporte souvent une indolence
meilleure que l’implantation d’une tige sans ciment recouverte d’hydroxyapatite
pour permettre une fixation par l’os. L’expérience
a montré en effet que les tiges sans ciment sont souvent un peu plus
douloureuses que la prothèse dont la tige est cimentée. L’utilisation
de cotyles sans ciment apporte par contre, lorsque la qualité de l’os du bassin
est satisfaisante, d’excellents résultats.
Couple de frottement alumine - alumine
L’amélioration
technique porte aussi sur le couple de frottement c’est-à-dire sur la zone où
les deux pièces rentrent en contact et permettent la mobilité entre la tête,
laquelle est amovible et fixée sur la tige, et l’insert cotyloïdien qui est
positionné dans le cotyle métallique, lui même fixé à l’os du bassin. Ce
couple de frottement est, traditionnellement et depuis longtemps, fait de deux
parties : pour le cotyle,
polyéthylène spécial, à haute densité, et bille d’acier inoxydable pour
la tête de l’implant fémoral. Si
les forces de frottement entre l’acier et le polyéthylène sont faibles, ce
dernier subit une usure progressive d’environ 1/10 de millimètre par an qui
aboutit à la déformation du cotyle et surtout à la libération de débris qui
vont entraîner une réaction de l’organisme aboutissant au descellement
progressif du ciment qui se décolle de l’os. Ainsi le cotyle prothétique peut
se desceller, ou bien la tige de la prothèse, ou bien les deux. Ces descellements
commencent à apparaître vers la 10ème année. La
recherche d’un couple de frottement générant moins de débris d’usure a aboutit
à l’utilisation de la céramique d’alumine. Les forces de frottement sont très
faibles et les débris d’usure 100 fois moins abondants qu’avec le polyéthylène. On
retiendra donc aujourd’hui que la prothèse de hanche la plus performante, à mon
avis, est représentée par une tige fémorale scellée, dont la morphologie est
adaptée à la forme du fémur, un cotyle en titane recouvert d’hydroxyapatite
poreuse est fixé sans ciment dans le bassin et un couple de frottement en
alumine alumine. C’est aujourd’hui le meilleur compromis qui assure indolence
et durabilité.
Dans
certains cas particuliers, toutefois, un
cotyle en polyéthylène est indiquée lorsque l’os du bassin est fragilisé par l’ostéoporose
chez le sujet âgé en particulier.
4/ Que peut-on faire lorsque l’on est porteur d’une
prothèse totale de la hanche ? Peut-on mener une vie normale ? Quel
sport peut-on pratiquer ? Quelle précaution doit-on prendre ?
Il
est possible de mener une vie normale avec une prothèse de la hanche. La
marche est en effet hautement conseillée, cette
prothèse doit cependant être préservée, un marcheur doit choisir des chaussures qui amortissent les
vibrations sur le sol, il doit préférer des terrains légèrement amortissants plutôt que du macadam. La
pratique du vélo est également conseillée car elle épargne à la prothèse
le poids du corps. La reprise d’un sport auquel le patient était habitué est
possible comme le tennis ou le ski. Mais
il est certain que cette reprise d’activité doit se faire chez les sujets ayant
une bonne expérience dans chacun de ces domaines et il est pas question qu’un
sujet, opéré de la hanche, se lance sur le tard dans ce genre d’activité.
La
prothèse ne doit toutefois pas être oubliée complètement, il faut la
surveiller : consultation avec
radio auprès du chirurgien la première année, puis tous les deux ans, à partir de la
dixième année, surveillance, a nouveau tous les
ans afin de ne pas méconnaître des signes précoces de descellement.
Tout
foyer infectieux dentaire, respiratoire ou urinaire doit être traité avec soin
sans retard pour éviter la fixation d’un germe sur une prothèse qui reste
malgré tout un corps étranger dans l’organisme.
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Tige fémorale destinée à être cimentée
Couple de frottement alumine - alumine
Positions acrobatiques à éviter

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