LA PROTHESE DU GENOULes prothèses du genou sont maintenant utilisées depuis plus de 30 ans, la technique, au début, a été difficile à mettre au point. Elles ont surtout progressé d’une façon spectaculaire ces dernières années en permettant de combiner les mouvements de flexion extension et de rotation qui sont les mouvements physiologiques grâce à l’utilisation des plateaux mobiles. La prothèse du genou, comme la prothèse de la hanche, remplace les surfaces articulaires du genou lorsqu’elles sont altérées et lorsque douleur et handicap justifient un tel geste. Au niveau de cette articulation, il existe souvent également des phénomènes de déaxation et d’instabilité qui peuvent être également corrigés par la prothèse. La mise en place d'une prothèse du genou reste encore le plus souvent réservé aux sujets de plus de 60 ans,en effet les indications en dessous de cet âge sont nettement plus rares. Il faut savoir qu’une arthrose du genou peut démarrer très longtemps auparavant souvent par des phénomènes de blocages pseudo méniscaux plus ou moins associés à des crises inflammatoires, ces phénomènes souvent très douloureux et spectaculaires mais ils sont souvent spontanément régressifs. Dans quelques cas ils peuvent bénéficier d’une arthroscopie pour régulariser le cartilage, on peut ainsi obtenir des rémissions qui peuvent durer de nombreuses années, parfois 10 ans. La notion de poids et de surcharge pondérale est très importante pour le genou plus que pour toute autre articulation du corps. En effet, la perte de poids de 10 kg permet souvent de retarder de plusieurs années la nécessité d’un geste chirurgical. L’arthrose chronique est souvent tardive et longtemps bien tolérée, de la sorte les indications de prothèse totale du genou sont souvent portées chez des patients dont l’arthrose est patente depuis longtemps.
Une prothèse du genou doit être surveillée tous les ans afin de dépister des signes précoces de descellement, de même, en raison du risque d'infection il faut se méfier des lésions cutanées situées en regard car il s’agit d’une articulation superficielle, plus exposée que l’articulation de la hanche plus profonde, bien entendu, toute infiltration d'un genou porteur d'une prothèse est proscrite. Il existe des prothèses partielles qui ne remplacent qu’une partie du genou, soit le compartiment interne, soit le compartiment externe. Ces prothèses partielles qui sont beaucoup plus petites doivent être placées avec une extrême précision grâce à un matériel particulier pour la mise en place, les incisions peuvent être réduites. Il faut cependant savoir que ces prothèses partielles ne sont pas indiquées en cas d’hyperpression importante sur la partie articulaire que l’on veut remplacer, en particulier sur le compartiment interne. Il faut donc se méfier d’une indication à priori moins agressive que la mise en place d’une prothèse totale, mais qui risque d’apporter une satisfaction moins durable. En outre, changer une prothèse partielle ne se fait pas forcément sans sacrifice osseux important, il faut souvent mettre en place une prothèse totale relativement imposante, susceptible de générer plus de contraintes et de comporter à terme des risques de descellement plus grands qu’une prothèse totale de première intention, beaucoup de chirurgiens sont partisans de la mise en place d’une prothèse totale d’emblée et de ne réserver les prothèses partielles qu’à des cas très particuliers, en particulier des arthroses du compartiment externe chez des sujets de moins de 60 ans.
OSTEOTOMIE DE CORRECTION D’AXE REALISEE AU NIVEAU DU GENOU
Enfin l’arthroscopie, évoquée plus haut, n’est indiquée que dans les premiers avatars de l’arthrose du genou: Clapet de chondrite avec un petit morceau de cartilage qui se décolle, petite lésion méniscale, conséquence de la dégénérescence arthrosique. Dans ces cas, l’arthroscopie a des résultats intéressants mais bien sûr ne peut éviter l’évolution ultérieure de l’arthrose. La répétition d’une telle arthroscopie n’est pas toujours justifiée et aujourd’hui, dans le cas d’arthrose au début on peut s’adresser également à une technique nouvelle qui aura certainement un grand essor dans l’avenir : la visco-supplémentation qui consiste à injecter un produit intra-articulaire par simple injection pour resurfacer le cartilage. Le soulagement peut durer un an et retarder d’autant la mise en place de la prothèse. Ces produits extraits de protéines de blanc d’œuf aujourd'hui vont évoluer et certainement constitueront une technique propres à limiter beaucoup l’évolution de nombreuses arthroses du genou.
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